« Se rassembler au-delà des logiques partisanes »

« Se rassembler au-delà des logiques partisanes »
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Quoiqu’on dise –et le pire – des maux qui rongent notre vie politique, il reste un pouvoir aux citoyens : le vote.J’ai déjà eu l’occasion de le dire ici : notre modèle démocratique est sain.Je dirais même à ceux qui s’en plaignent qu’ils font fausse route.Je crois d’ailleurs que ceux-là s’en plaignent à dessein, espérant tirer un obscur bénéfice du dénigrement des maux avec leur remède, du bébé avec l’eau du bain.Persuadant les citoyens que leur vote est inutile parce que le monde politique ne tourne pas rond. Quand c’est parce que le monde politique ne tourne pas rond qu’il faut s’enthousiasmer de l’existence d’un remède.

Cela n’exclut bien entendu pas qu’on réfléchisse en l’administrant.On ne vote pas pour la forme.Pour dire qu’on a voté.Comme on voudrait prouver qu’on a tout essayé.On vote sur le fond.Sans la volonté de soigner, les meilleurs remèdes sont illusoires.Sans la détermination à changer le cours de l’histoire, le vote est impuissant. Car c’est à infléchir leur destin que les électeurs sont conviés.

Encore faut-il, me direz-vous, que les candidats incarnent l’autre vision de la politique à laquelle ils aspirent. Encore faut-il que l’offre corresponde aux besoins pour que leurs votes aient un sens.Car à choisir entre la Droite, la Gauche… ou le Centre, leur fils ou fille faussement rebelle, les électeurs comprennent qu’ils valident un avenir –celui de Nogent-sur-Marne – quand ils voudraient l’inventer à Nogent.

Si le vote tombe en désuétude, c’est que l’offre bipartisane ne séduit plus.Je l’ai déjà aussi dit ici, les électeurs ont compris que les grands partis de Droite et de Gauche s’affrontaient entre eux. Que c’est cette lutte intestine qui les occupait.Il suffit de regarder comment se préparent les élections à Nogent pour en être convaincu.

Que se passe-t-il, en effet, à la veille et en vue des municipales de mars 2014 ?Ceux qui négocient avec l’éternité, de peur qu’elle ne soit pas assez longue, sont les mêmes qu’hier.Tous les six ans, ceux-là réclament une prolongation.

Jacques JP Martin, qui s’était engagé en 2008 à briguer son ultime mandat, veut rempiler en 2014.Sans le dire exactement ainsi.Il préfère faire savoir que l’UMP l’a investi. Il choisit d’omettre qu’il l’a préalablement réclamé et taire comment on lui a cédé.

Face à l’UMP façon Jacques JP Martin, on peut s’attendre, sans trop spéculer, à ce que le PS présente un candidat.Entre les deux, « au milieu », dirait Jean François Kahn (*), il y aura très certainement un(e) candidat(e) centriste.Il (elle) se proclamera Centriste pour signifier qu’elle n’est ni de Droite, ni de Gauche.Ce qui n’est pas plus neuf.

 Voire, dirait Jean François Kahn, ce qui sédimente le sempiternel bipartisme, en ayant l’air de le déranger, mais en ne faisant que de s’y référer. En en tirant sa définition même. Car on est aujourd’hui au Centre pour prouver qu’on est contre les côtés. Il suffirait de se tenir à équidistance de la Droite et de la Gauche pour faire surgir les solutions qui manquent à notre pays, à notre ville. C’est parce qu’on est exactement au milieu qu’on aurait l’imagination, la vision qui fait défaut au pays, qui fait défaut à Nogent.

Je crois que cela ne se peut pas.Qu’un destin collectif se pense au contraire en toute latitude.Et par conséquent surtout sans rentrer dans un carré –Droite, Gauche ou Centre.Sans servir l’un des trois.Car ce ne serait de fait précisément pas servir l’intérêt général. C’est pourquoi je crois essentiel de rassembler au-delà des logiques partisanes.Les Nogentais ont le droit d’écrire l’histoire de leur ville en dehors des partis. C’est même à cette condition qu’elle les captivera.

  (*) Comment s’en sortir, éditions Plon.

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